Alain Mabanckou, directeur artistique

Alain Mabanckou, est directeur artistique du festival depuis 2018.

Alain Mabanckou naît en 1966 à Pointe-Noire, capitale économique de la République du Congo, où il passe son enfance et où il obtient un baccalauréat en lettres et philosophie au lycée Karl-Marx. À l’issue d’un premier cycle de droit privé à l’université Marien- Ngouabi à Brazzaville, il décroche une bourse d’études et s’envole pour la France à l’âge de 22 ans, avec déjà quelques manuscrits dans ses affaires – des recueils de poèmes pour la plupart – qu’il commencera à publier trois ans plus tard.

Après un DEA de droit à l’université Paris-Dauphine, il travaille une dizaine d’années dans le groupe Suez-Lyonnaise des Eaux, mais se consacre de plus en plus à l’écriture : en 1998 paraît son premier roman Bleu-Blanc-Rouge qui lui vaut le Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire. À partir de cette date, il ne cessera de publier avec régularité, aussi bien de la prose que de la poésie.

Écrivain en résidence à Ann Arbor en 2002, il y enseigne la littérature francophone pendant trois ans avant d’être embauché en 2006 par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où il est nommé professeur titulaire (Full Professor) de littérature francophone en 2007 et où il continue d’enseigner.

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©Sébastien Micke

C’est au milieu des années 2000 qu’un large succès littéraire arrive avec deux romans : Verre Cassé (Seuil, 2005) unanimement salué par la presse, la critique et les lecteurs ; puis Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006), qui est récompensé par le prix Renaudot.

En 2007 sont réédités en « Points » (Seuil) les écrits poétiques d’Alain Mabanckou, sous le titre Tant que les arbres s’enracineront dans la terre ; paraît aussi le livre qu’il consacre à James Baldwin, Lettre à Jimmy (Fayard), à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de l’écrivain américain.

En 2008, Alain Mabanckou traduit en français le jeune prodige des lettres américaines Uzodinma Iweala, d’origine nigériane, auteur de Beasts of No Nation (Bêtes sans patrie, L’Olivier).En 2009, son roman Black Bazar (Seuil) est classé parmi les vingt meilleures ventes de livres en France dans les listes de L’Express, du Nouvel Obs et de Livres Hebdo. Sur le site evene.fr, il souligne que « le danger pour l’écrivain noir est de s’enfermer dans sa “noirceur”, comme dirait Frantz Fanon. Il ne s’agit pas de tomber dans le piège de l’affrontement basique entre la civilisation noire et la civilisation blanche. L’autocritique est essentielle si l’on veut ensuite poser un regard juste sur le reste du monde ». Son œuvre théorique à venir s’appliquera à développer ce point de vue.

En 2010, Alain Mabanckou est nommé par décret du président de la République française au grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Demain j’aurai vingt ans (Gallimard) qui paraît cette année-là est couronné par le prix Georges- Brassens.

En 2012, l’Académie française lui décerne le Grand Prix de littérature Henri-Gal (prix de l’Institut de France qui couronne l’ensemble de l’œuvre d’un écrivain). Cela ne l’empêche pas de s’extraire de la fiction pour publier Le Sanglot de l’homme noir (Fayard), classé parmi les meilleures ventes d’essais et documents (palmarès de L’Express).

En 2013, la Fondation Prince-Pierre-de-Monaco salue l’ensemble de son œuvre. Cette même année, l’auteur fait son entrée dans la prestigieuse collection « Fiction & Cie » des Éditions du Seuil pour son roman Lumières de Pointe-Noire, où il évoque avec retenue et émotion son retour dans la ville de son enfance, après vingt-trois ans d’absence.

En 2015 paraît au Seuil le roman Petit Piment où Pointe-Noire devient le théâtre des opérations d’un jeune orphelin ballotté entre une institution catholique, une maison close et les rues de la grande ville côtière qui finiront par lui faire perdre la tête. Le livre est finaliste du prix Goncourt des Lycéens.

Le 17 mars 2016, Alain Mabanckou prononce sa leçon inaugurale, Lettres noires : des ténèbres à la lumière, en tant que Professeur invité au Collège de France sur la chaire de Création artistique (2015-2016), une leçon qui voit se bousculer plus d’un millier d’auditeurs. Conforté par cet écho, il convie les plus grands chercheurs, écrivains, penseurs de l’Afrique postcoloniale à participer au colloque « Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui » qui se tient au Collège de France le 2 mai suivant. Le souhait profond de l’auteur est que ce colloque « résonne comme un appel à l’avènement des études africaines en France » et soit une façon de s’interroger sur « le retard pris par la France dans la place à accorder aux études postcoloniales pendant qu’en Amérique presque toutes les universités les ont reconnues et les considèrent comme un des champs de recherche les plus dynamiques et les plus prometteurs ». Six mois plus tard, les éditions Grasset publient son essai Le monde est mon langage. Un tour du monde de la pensée et des émotions telles que la langue française les véhicule, par les gens les plus divers, célèbres ou inconnus, adolescents ou vieillards, Haïtiens ou Français.

En février 2017, Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui, les actes du colloque, paraissent aux Éditions du Seuil. En juin, la Fondation Louis-Vuitton, dans le cadre de l’exposition Art/Afrique, le nouvel atelier, donne carte blanche à Alain Mabanckou sur l’oralité africaine : deux jours où des artistes, reconnus ou émergents, viennent « penser, dire, raconter et jouer l’Afrique » devant un public très nombreux. Le succès est au rendez- vous.

En août 2018, Alain Mabanckou revient à Pointe-Noire avec la publication du récit Les  cigognes sont immortelles aux Editions du Seuil. Son héros, le petit Michel nous invite dans l’univers intime de l’auteur, sur fond de tragédie politique.

En octobre 2019, publication du Dictionnaire enjoué des cultures africaines (Fayard) Le chant d’amour d’Alain  Mabanckou et Abdourahman A. Waberi au continent africain prend la forme d’un abécédaire tour à tour informatif, ludique, drôle, sérieux – d’Abacost à Zembla, en passant par Dictature, Fanon, Mbappé, Obama ou Présence africaine.

En août 2020, Alain Mabanckou écrit Rumeurs d’Amérique, son autobiographie californienne (Plon).

Mars 2021, Alain Mabanckou prend la direction de la collection Points Poésie (Seuil) et publie Aimé Césaire, Louis-Philippe Dalembert, Souleymane Diamanka, Marie-Christine Gordien, Sofi Oksanen …

Premier écrivain à occuper la Chaire se création artistique au Collège de France, Alain Mabanckou est également le premier écrivain d’expression française à être désigné comme membre du jury du Booker Prix, l’un des plus grands prix littéraires de langue anglaise. »

Les œuvres d’Alain Mabanckou sont traduites dans quasiment toutes les langues européennes mais aussi en hébreu, en arabe, en coréen ou encore en vietnamien. Verre Cassé a fait l’objet de plusieurs adaptations théâtrales.

Bibliographie

Romans

  • Bleu-Blanc-Rouge, Présence Africaine, 1998 – Grand Prix littéraire de l’Afrique noire
  • Et Dieu seul sait comment je dors, Présence Africaine, 2001
  • Les Petits-Fils nègres de Vercingétorix, Le Serpent à plumes, 2002
  • African Psycho, Le Serpent à plumes, 2003
  • Verre Cassé, Seuil, 2005 – Prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs, prix des Cinq Continents de la francophonie, prix RFO du livre
  • Mémoires de porc-épic, Seuil, 2006 – prix Renaudot
  • Black Bazar, Seuil, 2009
  • Demain j’aurai vingt ans, Gallimard, 2010 – prix Georges-Brassens
  • Tais-toi et meurs, La Branche, 2012
  • Lumières de Pointe-Noire, Seuil, 2013
  • Petit Piment, Seuil, 2015
  • Les Cigognes sont immortelles, Seuil 2018
  • Le commerce des Allongés, Seuil 2022

Poésie

Tant que les arbres s’enracineront dans la terre (œuvre poétique complète de 1995 à 2004), Seuil, 2007  (Points)

Depuis 2020, éditeur de la collection POINTS Poésie

Essais

  • Lettre à Jimmy (essai sur James Baldwyn), Fayard, 2007
  • L’Europe depuis l’Afrique, Naïve, 2010
  • Écrivain et oiseau migrateur, André Versaille éditeur, 2011
  • Le Sanglot de l’homme noir, Fayard, 2012
  • Lettres noires : des ténèbres à la lumière, Collège de France/Fayard, 2016
  • Le Monde est mon langage, Grasset, 2016
  • Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui, Seuil, 2017
  • Dictionnaire enjoué des cultures africaines, Fayard 2019
  • Rumeurs d’Amérique, Plon, 2020

Jeunesse

Ma Sœur-Étoile, illustré par Judith Gueyfier, Seuil Jeunesse, 2010 – prix des Écoles 2011

Presse

   Depuis septembre 2021, chroniqueur à l’hebdomadaire « l’Obs »

Distinctions

  • 2021 Royal Society of Literature International Award
  • 2018 Hurston/Wright Fiction Award
  • 2017 Man Booker International Prize selection for the novel Black Moses
  • 2016 Puterbaugh Fellow for the entire body of work
  • Man Booker International Prize: 2015, Finalist
  • Premio Strega Europeo : 2015, Finalist
  • Académie française : Grand Prix de littérature Henri Gal 2012 pour l’ensemble de son oeuvre
  • Prix Georges Brassens 2010, pour Demain j’aurai vingt ans
  • Chevalier de la légion d’honneur par décret du Président de la République française, 2010.
  • Médaille de citoyen d’honneur de la ville de Saint-Jean-d’Angély (Charente-Maritime, France), 2004
  • Prix Créateurs Sans Frontières 2007 (Ministère français des Affaires Etrangères), for Mémoires de porc-épic
  • Prix Aliénor d’Aquitaine 2006, pour Mémoires de porc-épic
  • Prix de La Rentrée littéraire 2006, pour  Mémoires de porc-épic
  • Prix Renaudot 2006, pour Mémoires de porc-épic
  • Prix RFO du livre 2005, pour Verre cassé
  • Prix des cinq continents de la francophonie 2005, pour Verre cassé
  • Prix du roman Ouest-France-Etonnants Voyageurs 2005, pour Verre cassé
  • Grand prix littéraire d’Afrique noire, pour Bleu-Blanc-Rouge, 1999
  • Prix de la Société des poètes français, 1995 pour L’usure des lendemains
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© Michael Meniane